Actualité

Femmes et filles de science : des parcours inspirants chez Efor

11/02/2026

Le 11 février, le monde célèbre la Journée internationale des femmes et des filles de science, instaurée par l’Assemblée générale des Nations Unies pour promouvoir un accès plein et égal des femmes et des filles aux carrières scientifiques, technologiques, ingénierie et mathématiques.

Si des progrès ont été réalisés, les inégalités de genre continuent d’influencer les environnements de recherche, les parcours professionnels et l’accès aux opportunités. Mettre en lumière des voix et des expériences diverses reste essentiel pour construire un avenir scientifique plus inclusif et équitable.

À l’occasion de cette journée, nous avons rencontré trois femmes passionnées et engagées chez Efor : Ejiro Gbaje-Aleobua, biostatisticienne et formatrice en statistiques ; Charlotte Benoit, directrice de l’évaluation MD/IVD ; et Aurélie Matera, experte en biotechnologies. Elles nous partagent leurs parcours, leurs expériences, les défis auxquels elles ont été confrontées, et leurs conseils pour inspirer la prochaine génération de femmes scientifiques.

Ejiro Gbaje-Aleobua (Biostatisticienne)

« Peux-tu te présenter brièvement et nous parler de ton parcours et de ta motivation dans le domaine scientifique ?

Je m’appelle Ejiro Gbaje-Aleobua, je suis biostatisticienne et enseignante en mathématiques, originaire de Brooklyn, NY. J’ai obtenu une licence en Biology and Society à Cornell University et un master en santé publique avec spécialisation en biostatistique à New York University.
Je travaille dans le domaine de la statistique depuis sept ans et je suis passionnée par le fait de rendre les statistiques accessibles et compréhensibles pour tous. Tout au long de ma carrière, j’ai formé des étudiants, des médecins et des scientifiques à appliquer les statistiques de manière adaptée à leurs domaines d’études ou de travail. J’ai également contribué à faire avancer la recherche en médecine et en santé publique.

Pourquoi penses-tu que la diversité et l’inclusion sont importantes dans les professions scientifiques ?

Il est essentiel que le travail scientifique, comme tout autre travail, soit conçu pour répondre aux besoins de personnes de genres, origines ethniques, handicaps, etc., différents. Bien que de nombreuses avancées scientifiques aient été réalisées au cours de l’histoire, si les méthodes de développement de la science ont été injustes ou discriminatoires, alors les résultats de la recherche peuvent être biaisés et exclure des parties essentielles de la société. Nous ne pouvons pas changer le passé, mais nous pouvons nous efforcer de prendre des décisions plus équitables et inclusives à l’avenir.

Quelle a été ta plus grande fierté ou réalisation dans ton parcours scientifique jusqu’à présent ?

Ma plus grande fierté est d’avoir formé des personnes dans différents domaines et à différents niveaux professionnels. Il est très gratifiant de savoir que j’ai aidé de nombreux professionnels à mieux comprendre les statistiques et de constater l’impact de mon enseignement sur leur travail.

Quel conseil donnerais-tu aux jeunes filles qui souhaitent faire carrière dans la science ?

Ne vous laissez pas décourager par les défis, les obstacles ou les traitements injustes. Si certains de ces obstacles ne devraient pas exister, d’autres font partie du processus, et les expériences difficiles peuvent vous renforcer tout au long de votre parcours. Si vous êtes passionnée par la science, suivez votre passion pleinement. Luttez pour des conditions justes et équitables afin d’aider à ouvrir la voie à d’autres jeunes filles dans le futur. »

Charlotte BENOIT (Directrice Evaluation DM/DMDIV)

« Peux-tu te présenter en quelques mots et nous parler de ton parcours et de ta motivation dans le domaine scientifique ? 

Je m’appelle Charlotte BENOIT, je suis chez Efor depuis maintenant presque 8 ans. J’ai toujours été très intéressée par la science, la santé et les solutions que l’on pouvait apporter aux patients. J’aime la rigueur et l’innovation que portent la science. J’ai obtenu mon doctorat de neuroendocrinologie en 2012. J’ai vraiment adoré toutes les parties de ma thèse, mais elle était très fondamentale et pas assez orientée patient. C’est pourquoi, une fois diplômée, je me suis tout de suite dirigée vers le monde de l’entreprise. J’ai intégré une startup qui développait un dispositif médical innovant pour diagnostiquer le cancer au sein de laquelle j’ai supervisé toutes les activités de recherche préclinique en collaboration avec les médecins, puis j’ai fait deux ans en tant que consultante scientifique indépendante avant d’intégrer Efor pour développer l’activité d’évaluation clinique. J’occupe aujourd’hui le poste de Directrice Evaluation DM/DMDIV.

Selon toi, quels sont les principaux défis auxquels les femmes et les filles sont confrontées dans le secteur scientifique aujourd’hui ? As-tu été confrontée à ces défis ? Si oui, comment les as-tu surmontés ? 

Il y a de nombreux défis auxquels les femmes et les filles sont confrontées dans le secteur scientifique, je pense notamment en premier lieu aux stéréotypes, aux idées reçues comme « la science, les mathématiques, la physique, l’informatique, c’est pour les hommes ». Cela reste moins visible dans les métiers de la santé, où on a de plus en plus de femmes médecins, ingénieures ou chercheuses. On manque vraiment de modèles scientifiques féminins auxquels peuvent s’identifier les jeunes filles, mais c’est en train de changer, comme l’illustre cette excellente initiative d’ajouter le nom de 72 femmes qui ont marqué la Science sur la tour Eiffel.

Il y a aussi les barrières que se mettent les femmes elles-mêmes, qui souffrent plus souvent de manque de confiance en elles que les hommes : « je n’en serai pas capable », qui peut être renforcé justement par le manque de modèles de femmes scientifiques ayant réussi.

Et pour finir, l’un des plus gros freins pour moi, c’est l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie de famille. Bien que les hommes soient de plus en plus présents pour leurs enfants, les femmes assurent encore au quotidien une grande partie de la charge mentale familiale et se demandent si elles vont arriver à gérer de front leur vie personnelle et leur carrière.  Et là aussi les stéréotypes ont la vie dure, on entend encore trop souvent : « les femmes ne sont pas faites pour des postes de Direction ». Parfois même certaines entreprises peuvent être frileuses de recruter une jeune femme sans enfants et qui risquera de s’absenter pour plusieurs mois à chacune de ses futures grossesses.

En quoi penses-tu que la diversité et l’inclusion sont importantes dans les métiers de la science ? 

Les hommes et les femmes ont une approche, une réflexion et une sensibilité différentes et complémentaires. Se priver de cette complémentarité est dommage.

Et pour parler du domaine de la santé que je connais bien, il y a encore beaucoup trop d’études qui ne portent que sur les hommes, alors que le fonctionnement du corps masculin et féminin est très différent, entrainant des diagnostics erronés, des traitements inappropriés chez certaines patientes. Heureusement, de plus en plus de médecins œuvrent auprès du grand public pour sensibiliser à ces différences, je pense notamment à la cardiologue Claire Mounier-Vehier, je vous recommande de la suivre sur Linkedin 😉.

Quelle a été ta plus grande fierté ou plus belle réussite dans ton parcours scientifique jusqu’à présent ? 

Ma plus grande fierté est ma plus belle réussite, c’est la conciliation de ma vie de mère de deux enfants dont j’ai la garde principale avec ma carrière et toutes les responsabilités et la charge mentale qui en incombent des deux côtés. Je suis très fière d’avoir su trouver l’équilibre entre le bien être de mes enfants, mon épanouissement à la fois en tant que mère et femme mais aussi ma réussite professionnelle.

Comment vois-tu l’évolution de la place des femmes dans le domaine scientifique dans les prochaines années ? 

Je suis très optimiste. On voit beaucoup de choses bouger, de nombreuses femmes scientifiques prennent la parole pour parler aux jeunes filles. L’éducation également a évolué et met moins de pression et de stéréotypes sur les épaules des jeunes femmes qui veulent se lancer dans la Science. Elles y arriveront !

Quelles actions concrètes pourraient être mises en place pour promouvoir davantage la présence des femmes dans les filières scientifiques ? 

Pour moi il faut agir dès l’enfance, l’adolescence pour susciter des vocations et encourager les filles, au travers par exemple d’ateliers, de conférences animées par des femmes scientifiques. Ensuite favoriser l’accès aux grandes écoles aux jeunes filles, et les accompagner en prévenant notamment le sexisme et le harcèlement dans les établissements. Enfin, et de nombreuses choses sont faites en ce sens, c’est favoriser l’égalité hommes-femmes en termes de salaires et d’accessibilité à des postes de direction. 

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes filles qui souhaitent s’orienter vers des carrières scientifiques ? 

En premier lieu de croire en soi, on est tout aussi légitimes que les hommes 😊. Et ensuite, de ne pas hésiter à prendre contact avec des femmes qui pourront leur expliquer leurs métiers, les difficultés auxquelles elles sont confrontées et comment les surmonter, mais aussi toutes les réussites qu’elles ont eues. »

Aurélie MATERA (Matter Expert Level 2)

« Peux-tu te présenter en quelques mots et nous parler de ton parcours et de ta motivation dans le domaine scientifique ? 

J’ai grandi dans une région industrielle du centre de la France, marquée par l’émergence de grandes innovations technologiques. L’industrie et la science ont toujours fait partie de mon environnement : Schneider au Creusot (le premier marteau-pilon au monde), Aperam à Gueugnon (leader de l’acier inoxydable), les mines de charbon de Montceau-les-Mines (la plus grande laverie de charbon d’Europe), Michelin à Blanzy (pneus de très grande dimension).

Très curieuse de nature et animée par l’envie de comprendre comment les choses fonctionnent, une carrière d’ingénieur s’est imposée comme une évidence. C’est donc tout naturellement que j’ai choisi d’intégrer une classe préparatoire scientifique après le lycée. À l’issue des concours, j’ai été admise à l’ENSTBB à Bordeaux, une école d’ingénieurs spécialisée en biotechnologies.

Selon toi, quels sont les principaux défis auxquels les femmes et les filles sont confrontées dans le secteur scientifique aujourd’hui ? As-tu été confrontée à ces défis ? Si oui, comment les as-tu surmontés ? 

Je suis convaincue que les stéréotypes et les biais de genre sont encore présents et contribuent à l’idée que la science, au sens large, serait un domaine « masculin ».
Par ailleurs, le nombre plus faible de femmes s’orientant vers des études scientifiques conduit à une sous-représentation dans ces environnements professionnels, où une culture majoritairement masculine peut persister et où les femmes peuvent avoir plus de difficultés à trouver leur place.

Dans ce contexte, il est important de savoir s’adapter à son environnement ainsi qu’aux modes de communication, qu’ils soient explicites ou implicites.
Il est essentiel de savoir affirmer sa position et son point de vue, sans chercher à dominer, mais sans pour autant s’effacer.

En quoi penses-tu que la diversité et l’inclusion sont importantes dans les métiers de la science ? 

Pas uniquement en science, mais aussi dans la vie quotidienne !
La diversité est une véritable source de créativité et d’innovation. Lorsque les équipes sont composées de personnes aux parcours, cultures et expériences variés, elles abordent les problématiques sous des angles multiples. Cette pluralité de points de vue stimule la créativité et favorise l’émergence de solutions innovantes face à des enjeux complexes.

Par ailleurs, les équipes diversifiées sont davantage en capacité de soulever des questions pertinentes pour l’ensemble de la société, en intégrant notamment des groupes souvent sous-représentés, ce qui permet d’obtenir des résultats scientifiques plus cohérents et plus utiles.

Enfin, les biais inconscients peuvent influencer la conception des études, puis l’analyse et l’interprétation des données. Une équipe diversifiée sera plus à même d’identifier et de limiter ces biais.

Un exemple concret dans le domaine scientifique, aux impacts significatifs :
Le manque de représentativité dans certaines études cliniques — historiquement menées principalement sur des hommes adultes caucasiens — a conduit à une efficacité moindre, à des dosages inadaptés ou à des effets secondaires accentués pour d’autres populations (femmes, différentes origines ethniques, etc.).

Quelle a été ta plus grande fierté ou plus belle réussite dans ton parcours scientifique jusqu’à présent ? 

Ma contribution à la lutte contre la pandémie de Covid-19, à travers ma participation à l’industrialisation et à la validation d’un procédé de fabrication d’un vaccin anti-Covid.

Comment vois-tu l’évolution de la place des femmes dans le domaine scientifique dans les prochaines années ? 

Le nombre d’étudiantes dans les filières scientifiques est en augmentation, ce qui conduira naturellement à une présence accrue de femmes dans les carrières scientifiques : davantage de rôles modèles féminins, une meilleure représentation, une inclusion renforcée et une augmentation du nombre de femmes occupant des postes de leadership scientifique, siégeant dans des comités d’experts, des jurys ou figurant parmi les lauréates de grandes distinctions.

Cette évolution s’accompagne d’un changement progressif des normes sociales et des mentalités. Elle crée un cercle vertueux susceptible de mener à une « normalisation » de la place des femmes en science.

Quelles actions concrètes pourraient être mises en place pour promouvoir davantage la présence des femmes dans les filières scientifiques ? 

Pour promouvoir les carrières scientifiques auprès des femmes, il faut d’abord promouvoir la science auprès du grand public !
Les obstacles rencontrés par les filles dans leurs études scientifiques peuvent provenir de leur environnement immédiat ; lorsque leur entourage connaît et valorise la science, le soutien et l’encouragement sont bien différents.

Changer les mentalités nécessite une action sur le long terme, par exemple :
• Sensibiliser à la science dès le plus jeune âge (organisation d’ateliers scientifiques à l’école, rencontres avec des étudiantes et étudiants en sciences au collège et au lycée, interventions de professionnels, etc.)
• Former les enseignants pour lutter contre les stéréotypes de genre
• Mettre en avant des modèles féminins (ils existent ! mais sont souvent moins connus ou moins visibles que leurs homologues masculins 😉)

Puis, une fois les études scientifiques achevées, il est important de s’assurer que les femmes puissent trouver leur place et un équilibre sain dans le milieu professionnel. Mais ça, c’est une autre histoire !

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes filles qui souhaitent s’orienter vers des carrières scientifiques ? 

Ne vous limitez pas !
Il faut avoir confiance en soi : ne doutez pas de vos capacités, cessez de vous auto-censurer et ne vous sentez pas illégitime (syndrome de l’imposteur).

Ces témoignages nous rappellent que, malgré les défis et les stéréotypes encore présents, les femmes continuent de jouer un rôle essentiel dans le développement scientifique et l’innovation. »

En valorisant la diversité, en levant les obstacles et en mettant en avant des modèles féminins, nous souhaitons contribuer à construire un environnement scientifique plus équitable. Chez Efor, nous sommes fiers de participer à cette dynamique.