Article technique

Nos experts publient dans La Vague, la revue technique de l'A3P

13/08/2026

Efor est fier d’annoncer la publication, dans le numéro 91 de La Vague (juillet 2026), d’un article co-écrit par deux de ses experts, Catherine Tudal et Timothée Lecroart, aux côtés de Delphine Amouret (Aspen). Intitulé « Criteria for the Validation of Visual Inspection Process », cet article s’attaque à une question sensible pour l’ensemble des fabricants pharmaceutiques : comment s’assurer qu’un processus d’inspection visuelle réellement fiable soit validé comme tel — et qu’un processus produisant un taux inacceptable de non-conformités ne le soit pas.

Un enjeu réglementaire de premier plan

L’inspection visuelle est une étape critique du contrôle qualité des produits injectables et autres formes stériles : elle vise à détecter les particules, défauts de contenant-fermeture ou autres non-conformités susceptibles d’affecter la sécurité du patient. Son importance a encore été renforcée par la révision de l’Annexe 1 des BPF européennes et par les référentiels USP <790> et <1790> sur les particules visibles dans les produits injectables. Dans ce contexte, la validation du processus d’inspection doit démontrer, de façon statistiquement robuste et alignée avec les principes de gestion du risque qualité (ICH Q9(R1)), que le processus détecte les défauts avec une fiabilité suffisante — et non se limiter à une case cochée dans un protocole.

Les limites des plans d’échantillonnage AQL appliqués à la validation

Pour définir la taille des échantillons et les critères d’acceptation de leurs activités de validation, de nombreuses entreprises continuent de s’appuyer sur les plans d’échantillonnage attributifs des normes ISO 2859-1 ou ANSI/ASQ Z1.4-2003, en retenant un niveau d’inspection « renforcé », pensant ainsi se prémunir du risque. Les auteurs rappellent que ces normes ont été conçues pour le contrôle réception ou le contrôle de routine de lots déjà fabriqués — c’est-à-dire pour décider, lot par lot, s’il faut accepter ou rejeter une production — et non pour démontrer, lors d’une validation, qu’un processus est intrinsèquement capable de produire de manière fiable. Appliqué tel quel à une validation, un plan AQL renforcé peut donner un faux sentiment de sécurité : un processus produisant un taux de non-conformités inacceptable peut malgré tout être validé.

Les courbes d’efficacité : rendre visible le risque caché derrière un plan d’échantillonnage

Pour objectiver ce risque, l’article s’appuie sur les courbes d’efficacité — aussi appelées courbes caractéristiques d’opération (OC curves) — associées à chaque plan d’échantillonnage. Ces courbes représentent la probabilité qu’un lot soit accepté en fonction de sa proportion réelle de non-conformités. Elles montrent, pour un plan (n, c) donné (taille d’échantillon n et nombre d’acceptation c), quelle est la probabilité qu’un lot contenant un taux de défauts bien supérieur au seuil attendu soit malgré tout accepté. C’est précisément cette lecture qui permet de mettre en lumière les angles morts d’un plan d’échantillonnage choisi par défaut, plutôt que construit pour l’usage visé, avec ISO 2859-1:2026 qui vient désormais formaliser cette lecture par la courbe plutôt que la seule lecture de table.

Une méthode fondée sur le risque : loi binomiale, risque producteur et risque consommateur

Plutôt que de partir d’une table AQL standard, les auteurs proposent de construire directement le plan d’échantillonnage à partir des risques que l’on souhaite maîtriser : le risque producteur (rejeter à tort un processus performant) et le risque consommateur (accepter à tort un processus produisant trop de non-conformités). En s’appuyant sur la loi binomiale, il devient possible de calculer, pour différentes tailles d’échantillon et différents nombres d’acceptation, la courbe d’efficacité résultante, puis de choisir les paramètres (n, c) qui garantissent le niveau de discrimination recherché entre un processus acceptable et un processus qui ne l’est pas.

Un exemple concret sur trois lots

L’article illustre cette démarche à travers un exemple concret portant sur la validation de trois lots, avec des risques producteur et consommateur explicitement définis. Cette mise en pratique permet de comparer, de façon tangible, les tailles d’échantillon et critères d’acceptation obtenus par une approche raisonnée par rapport à un plan AQL renforcé choisi « par défaut » — et de mesurer l’écart de protection réelle qui peut en résulter.

Une application qui dépasse la seule qualification opérationnelle

Les recommandations des auteurs ne se limitent pas à la phase de qualification opérationnelle (OQ) : elles couvrent également la qualification de performance / validation du procédé (PQ) et la vérification continue du procédé (Continued Process Verification), afin de conserver une justification statistique cohérente et fondée sur le risque tout au long du cycle de vie de la validation — un point de vigilance apprécié lors des inspections BPF, où la traçabilité du raisonnement statistique est désormais scrutée au même titre que le résultat.

Efor et A3P, un partenariat de longue date

Cette publication s’inscrit dans une collaboration de longue date entre Efor et l’A3P, l’association européenne de référence dans les sciences de la vie, qui réunit plus de 9 000 experts autour de la fabrication stérile, de la conformité BPF et de la qualité pharmaceutique, à travers ses congrès, ses formations et sa revue trimestrielle La Vague. Plusieurs de nos experts, dont Catherine Tudal, qui anime le groupe de travail « Statistiques » de l’A3P, contribuent régulièrement à l’élaboration de guides techniques et interviennent lors de congrès du secteur.

Toutes nos félicitations à Catherine Tudal et Timothée Lecroart pour cette nouvelle contribution, qui illustre l’expertise d’Efor dans un environnement réglementaire en constante évolution.

Besoin d’accompagnement ?

Vous souhaitez sécuriser la validation de vos processus d’inspection visuelle, ou plus largement construire des plans d’échantillonnage fondés sur le risque pour vos activités de contrôle qualité ? Les experts statistiques d’Efor vous accompagnent dans la définition de vos stratégies de validation, la conception de plans d’échantillonnage adaptés et la mise en conformité de vos pratiques avec les référentiels BPF.

Contactez-nous : solutionprojectdelivery@efor-group.com

Retrouvez l’article complet (en anglais), La Vague n°91, p. 32

Page A3P dédiée à l’article